Faux RIB fournisseur : comment le repérer et quoi faire
Un fournisseur que vous connaissez vous écrit qu’il a changé de banque. La facture est juste, le logo est bon, le ton est habituel. C’est l’une des arnaques les plus coûteuses pour une petite entreprise, et elle n’a rien de technique.
Publié le 15 septembre 2026 · Lecture 4 minutes
Comment l’arnaque arrive chez vous
L’escroc n’attaque pas votre informatique. Il lit une conversation, souvent parce qu’une boîte mail a été consultée à votre insu, chez vous ou chez votre fournisseur.
Il attend une vraie facture en attente de règlement. Puis il écrit, au bon moment, avec les bonnes références : numéro de facture, montant exact, nom de votre interlocuteur habituel.
Le message ne demande rien d’étrange. Il annonce simplement de nouvelles coordonnées bancaires, avec un document joint qui a l’air officiel. Votre comptable fait son travail et paie.
Les cinq signes qui doivent vous arrêter
- L’adresse de l’expéditeur a une lettre de différence : un « rn » au lieu d’un « m », un « .fr » devenu « .com », un point ajouté dans le nom de domaine.
- Le changement de banque est annoncé par email, et seulement par email, sans courrier ni appel préalable.
- Le message insiste sur l’urgence : relance de comptabilité, risque de suspension de livraison, échéance qui tombe demain.
- Le nouveau compte est domicilié à l’étranger alors que votre fournisseur est français, ou le titulaire du compte n’est pas exactement la raison sociale habituelle.
- La demande arrive pendant les congés de la personne qui valide normalement les paiements.
Un seul de ces signes suffit à suspendre le paiement. Aucun fournisseur sérieux ne vous reprochera d’avoir vérifié.
Le réflexe qui prend deux minutes
Vous appelez le fournisseur. Pas au numéro indiqué dans l’email, jamais : au numéro que vous avez déjà, sur une facture ancienne ou dans votre répertoire.
Vous posez une question simple : « Avez-vous changé de coordonnées bancaires cette semaine ? » La réponse règle le sujet en une minute.
Ne répondez pas à l’email pour demander confirmation. Si la boîte est contrôlée par l’escroc, c’est lui qui vous confirmera que tout est normal.
Le virement est déjà parti : les premières heures
La vitesse compte plus que tout le reste. Un virement peut parfois être rappelé s’il n’a pas encore été exécuté ou si les fonds n’ont pas été retirés.
- Appelez votre banque immédiatement et demandez le rappel du virement, en précisant qu’il s’agit d’une fraude.
- Appelez le vrai fournisseur, au numéro que vous connaissez, pour l’avertir : il est souvent victime en même temps que vous.
- Conservez tout : l’email, les en-têtes, le document joint, l’ordre de virement. Ne supprimez rien.
- Portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, avec ces éléments.
- Faites vérifier la boîte mail concernée, la vôtre ou celle du service comptable, avant de reprendre les paiements.
Le dispositif public cybermalveillance.gouv.fr recense les démarches et met en relation avec des prestataires près de chez vous (source : cybermalveillance.gouv.fr, dispositif national d’assistance).
Comment éviter que cela se reproduise
Une règle écrite, connue de tous, protège mieux qu’un logiciel. Trois lignes suffisent, affichées près du poste qui règle les factures.
- Tout changement de coordonnées bancaires est vérifié par téléphone, au numéro déjà enregistré, avant le moindre paiement.
- La vérification est faite par une deuxième personne quand le montant dépasse un seuil que vous fixez vous-même.
- Personne n’est jamais sanctionné pour avoir retardé un paiement de vingt-quatre heures afin de vérifier.
Ce dernier point est le plus important. Les arnaques réussissent parce que le salarié craint de faire attendre un fournisseur ou de déranger son dirigeant.
Vos salariés reconnaîtraient-ils ce message ?
La personne qui reçoit le faux RIB n’est presque jamais le dirigeant. C’est la personne qui saisit les factures, remplace au bureau en août, ou traite quarante emails avant midi.
C’est elle qu’il faut préparer, et cela prend quinze minutes. Digivigie montre à vos salariés de vrais faux messages et leur demande de repérer le piège, avec la réponse expliquée en une phrase, sans jargon.
Digivigie est construit et géré de bout en bout par des agents d’intelligence artificielle sur NanoCorp, ce qui nous permet de mettre les mises en situation à jour au rythme des arnaques qui circulent.
Sans inscription et sans carte bancaire. À lire ensuite : un exemple de module complet sur le faux email.